Soirée Palestine dimanche 17 mars à l’Astrolabe… 🗓 🗺

Soirée Palestine dimanche 17 mars à l’Astrolabe… 🗓 🗺

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Astrolabe Figeac Carte

Dimanche 17 mars Astrolabe Figeac : 2 films et débats, un repas !

Une soirée proposée par le Collectif-Palestine-Figeac en collaboration avec les Cinémas du Grand-Figeac, en partenariat avec Ciné-Palestine Toulouse Occitanie

17h Naila et l’Intifada, documentaire de Julia Bacha 2017 Palestine, États-Unis /1h16′ /VOSTF/3,€

Première Intifada (1987) : Les femmes palestiniennes jouent un rôle déterminant. Naila est avocate des droits des femmes, militante activiste non violente. Elle organise la Résistance à l’occupation israélienne. Les mouvements clandestins de femmes sont à la tête de la lutte palestinienne. Les sacrifices et l’héroïsme de ces combattantes de l’ombre ont forcé le monde à reconnaître le droit de la Palestine à l’autodétermination…

Débat avec Naila Ayesh, personnage central du film

19h Buffet oriental : réservation au 06 42 88 57 69 ou palestinefigeac@riseup.net 7,€

20h30 Samouni Road, film d’animation de Stefano Savona 2018 France, Italie /2h08’/VOSTF/4,€

OEIL D’OR du meilleur documentaire Cannes 2018

A Gaza, la communauté paysanne Samouni est décimée lors de « Plomb durci » en 2009. S.Savona rencontre les survivants et les retrouve en 2010 pour un mariage. Ils replantent et labourent, mais le plus difficile sera de reconstruire leur propre mémoire, leur paradis perdu. Le film dresse un portrait de cette famille avant, pendant et après l’événement qui a changé leur vie à jamais. S.Savona mélange onirisme et hyperréalisme. Il explose les codes du genre en un documentaire implacable et subtil sur la résilience. Le film est aussi plein d’espoir. Son caractère saisissant tient autant à sa force immersive qu’à sa beauté…

Débat avec Abdalsalam Shehada, cinéaste gazaoui

Pot offert par l’Astrolabe

Stands : Collectif-Palestine-Figeac, Le Philistin, La Libraithèque

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Abdel Salam Shehadeh, réalisateur palestinien

Abdel Salam Shehadeh est un réalisateur et un photographe palestinien né en 1961 à Rafah. En 2008, il réalise le film To My Father, dans lequel il se présente ainsi : « Mon nom est Abdel Salam, je suis né dans le camp de réfugiés de Rafah à Gaza. Ma famille me racontait tout le temps des histoires, toutes m’ont habité. De quelle façon ils ont été expulsés en 1948, des histoires gravées en moi, devenues des souvenirs et des photographies. Maintenant, je suis devenu moi-même une histoire, laissez moi vous la raconter. »

Ce film hybride, dans lequel se mélangent les vidéos et les photos du réalisateur, ainsi que celles de ses amis, prend la forme d’une longue évocation poétique, parfois autobiographique, parfois historique, conduite par la voix off de Abdel Salam Shehadeh. On y rencontre plusieurs photographes de Rafah, dont on sent bien qu’ils ont influencé le réalisateur qui s’est formé à leurs cotés : Hajj Shehadeh, Ibrahim Harb. L’évocation de ces figures laisse transparaître l’amour du réalisateur pour les techniques photographiques, le métier de photographe, pour l’image et pour la caméra. Il semble que Salam soit avant tout un cameraman, c’est-à-dire quelqu’un qui porte sa caméra à l’épaule pour documenter le monde qui l’entoure, et pour essayer de rendre compte d’un aspect de sa réalité. En cela, il endosse souvent le rôle du journaliste dans ses documentaires.

D’ailleurs, il travaille depuis de nombreuses années comme réalisateur, cameraman, technicien du son etc. Et ses compétences l’ont conduit à collaborer avec des télévisions et des agences de presse comme Reuters, la BBC, la TSR, la TV japonaise, Arte. Par ailleurs, il travaille à former de jeunes cinéastes à l’Université de Birzeit en Cisjordanie ou encore à Gaza, à l’Université Al-Aqsa.

De 1999 à 2009, il est le directeur général de production de l’agence de presse Ramattan News Agency Palestine, basée dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie. En 2009, les bureaux ont été fermés en raison de ce que l’équipe de direction a décrit comme des violations répétées et la contrainte exercée par Al-Jazeera.

En 2017, le festival de cinéma « Palestine, Filmer C’est Exister » de Genève, programmait son film To My Father , et disait quelques mot sur la carrière du réalisateur :
« Abdel Salam Shehadeh a réalisé plus de 15 documentaires, bien reçus dans les festivals de cinéma internationaux et souvent primés, sur des thèmes comme la violence contre les enfants et ses racines, l’héritage pour toute une génération de l’humiliation, les bombardements israéliens sur Gaza, l’eau, les femmes. On peut citer Human rights are women’s rights (1998), The Cane (2000), Debris (2001), Rainbow (2004) et son dernier film To my father (2008) dont Abdel Salam Shehadeh ne possède plus qu’un DVD, le master ayant été détruit par les bombardements israéliens. »

Au delà de la réception de ses films, nous pouvons nous questionner sur les raisons qui poussent Abdel Salam Shehadeh à prendre la caméra. Dans To My Father, le réalisateur nous dit son urgence de rapporter, de filmer la première intifada : « Je cherchais ma liberté dans les photos, je courais derrière les visages jeunes et sombres, ils cherchaient tous la liberté. J’avançais pas à pas avec ma caméra, avec un peu d’audace, mais beaucoup d’amour ». Il semble que ce n’est pas seulement de faire des films pour les festivals internationaux qui compte, bien qu’un enjeu de la photographie soit, pour les palestiniens, la reprise en main de leur propre image, et par là-même, de leur identité. Cela passe par une diffusion internationale, dans la mesure où les reporters étrangers documentent la Palestine de l’extérieure et diffusent une certaine représentation non contrôlée par les palestiniens eux-mêmes — il faut donc aussi exister sur la scène internationale et proposer du contenu alternatif. Mais d’un autre coté, l’enjeu de filmer pour le réalisateur est aussi donc de lutter avec ses concitoyens, de participer en quelque sorte à une forme de résistance, de refuser d’oublier ceux qui partent, et en cela revenir, peut-être, à occuper la fonction du « photographe-medecin » ; métaphoriquement aussi le rôle du soignant des maux sociaux qui agitent les personnes à l’échelle individuelle. Dans To My Father, le réalisateur nous livrait cette comparaison à première vue désarçonnante, il disait : « peut-être parce qu’à l’époque le photographe était comme un docteur »

Par ailleurs, lorsque Abdel Salam Shehadeh filme le photographe Ibrahim Harb, on pourrait presque penser que celui-ci pratique la maïeutique de Socrate, il a « les mains habiles » et le sujet de la photo attend devant lui « comme un nouveau né », la peur au ventre qu’on lui vole son âme. Cette superstition de l’image capable de capturer l’âme, qu’on retrouve dans certaines cultures traditionnelles, dit bien elle aussi que la photographie a quelque chose à voir avec l’âme. Encore faut-il s’accorder sur ce qu’est l’âme. Mais ce qu’on peut dire tout du moins, c’est que le photographe est capable, lorsqu’il s’applique, de faire ressortir quelque chose du fond de l’homme, ainsi il détient une grande responsabilité entre ses mains : tirer le portrait c’est révéler l’intérieur d’une personne, sa psychologie. A partir de là, on peut se dire en voyant ce film qui retrace la disparition de la beauté dans les photos de Gaza depuis 1967 : les gens affectés durement de l’intérieur ne peuvent pas donner de belles photos, si les photos sont des miroirs de l’âme. Or on peut alors se demander : est-ce que le photographe a la capacité, à son échelle, de subsumer ce désespoir en force et en beauté ? Ou bien alors les solutions ne sont-elles que sociales et politiques ? Et en un certain sens, Abdel Salam Shehadeh pose bien cette question lorsqu’il dit : « Je me demande ce qui a changé aujourd’hui, la caméra ou les yeux ? »

Le cinéma de Abdel Salam Shehadeh semble parfois tout entier tendu vers les autres par l’effort de mémoire qui l’anime, son cinéma traite du souvenir et exploite pleinement une fonction première et originaire de la photo : son pouvoir de rendre présent ce qui est actuellement absent. Il ne s’agit pas seulement de le faire par la photographie, le film devient aussi un outil pour questionner ce pouvoir de la photo : pouvons nous vraiment rendre présent ceux qui ne sont plus là ? Et surtout, en quel sens peut-on le faire ? Questionner la fonction de l’image et du photographe conduit le réalisateur à s’intéresser aux manifestations les plus diverses de son pouvoir. Par exemple, lorsqu’il filme les mères qui demandent le retour des prisonniers en brandissant leur portrait, on peut y voir une dimension incantatoire, magique de la photo, qui vient soutenir la parole de celui qui reste en la doublant de la force de celui qui n’est pas là. Il y a une forme de réunion des personnes dans ce geste, en même temps les prisonniers ne sont pas libérés pour autant, physiquement la photographie reste inopérante.

Abdel Salam Shehadeh reporte le quotidien de Gaza, les injustices, les difficultés, et il soulève de vraies problématiques sociales et politiques dans ses films, tout à la fois, il semble qu’il cherche aussi la beauté de la vie à Gaza. C’est le travail du photographe dont il dresse le portrait : il a la force et la rigueur de retravailler les photos, au risque de s’épuiser le soir et de s’abîmer la vue, pour faire jaillir le meilleur des gens dans leur photographie. Cependant, ce travail a disparu, et peut-être la beauté de la vie à Gaza avec lui. Il y a une nostalgie de cette époque d’avant 1967, présentée sous le jour d’une beauté tragique, comme déjà vouée à disparaître : « Nous prenions des photos parce que nous sentions, comme si nous savions que nous serions bombardés, brûlés, tués, détruits... »
To My Father compile aussi des moments de vie éclatants, notamment lorsque Salam filme la mer et la jeunesse, et finalement, l’existence même de ce film, qui suppose le travail du photographe, tend à prouver par le fait que la vie continue à Gaza. Pourtant, ces moments sont vites noircis par le cours des histoires personnelles, tragiques, et des événements politiques, sources d’espoirs déçus et de vaines illusions.

Little Hands (1996) : « Ce documentaire explore le phénomène du travail des enfants à Gaza. En racontant les histoires de quatre enfants, le film plonge dans les conditions sociales, économiques et politiques qui les conduisent à vendre leur force de travail à un si jeune age, et examine les conséquences et les implications d’un tel phénomène pour leurs familles, la société et leur future. »

The Cane (2000) : « Un documentaire ambitieux traitant de la question de la violence contre les enfants dans la société palestinienne, et de ses racines économiques, historiques et sociales. Inclut des interviews et des images d’enfants et de leurs familles de Gaza et de Cisjordanie. »
Synopsis : http://www.palestine.mei.columbia.edu/doan-b/2016/9/9/the-cane
lien du film : http://www.cultureunplugged.com/storyteller/Abdelsalam%20Shehadeh#/myFilms

Débris (2002) : « Les chars et les bulldozers israéliens démolissent une maison qui a été habitée et chérie pendant de nombreuses années, et arrachent les racines d’un olivier qui a été planté en prévision de la naissance d’un enfant. Alors que la famille regarde la séquence vidéo, nous voyons un profond sentiment d’impuissance et de désespoir se dessiner sur leurs visages. »
A propos de ce film, Abdel Salam Shehadeh disait : « Débris n’est pas seulement l’histoire d’un paysan dont la maison a été démolie, et dont la ferme a été détruite. Débris est aussi l’imagination … de rêves, qui volent au loin afin de toucher le ciel, afin de briser le désespoir de la réalité. Débris est l’histoire de toute une génération qui a hérité des humiliations, de l’ignominie, et de l’impuissance, alors qu’elle est une génération qui continue à être debout. C’est l’histoire d’hommes qui pleurent. »

Rainbow (2004) : « L’opération Rainbow menée par l’armée israélienne a entraîné la mort et les blessures de nombreux habitants de Gaza. Le réalisateur Abdel Salam Shehadeh raconte l’histoire des suites du bombardement, cherchant dans la mémoire (y compris la sienne) de ceux qui ont été déchirés par cette attaque : « Ce sont des gens qui ont croisé mon chemin. Certains d’entre eux se sont levés parmi les décombres, portant leurs larmes. Certains cherchaient des réponses aux soucis qui les hantaient. D’autres étaient épuisés en contemplant la réalité. Ils étaient comme moi … »
(lien du film : https://vimeo.com/39715503 )


To My Father (2008) : « Tourné en partie dans le camp de réfugiés de Rafah, cet hommage poétique aux photographes des années 1950-1970 est un remarquable regard rétrospectif sur 50 ans d’histoire palestinienne, à travers des reportages photos, et les voix actuelles de ces photographes pour les accompagner. Le portrait photo a toujours été quelque chose d’apprécié et de privilégié dans la société, mais Shehadeh montre qu’il est aussi devenu un instrument de contrôle et un objet de peur, notamment avec les systèmes de contrôle d’identité, et aussi lorsqu’il prend la forme de la commémoration de la mémoire des morts et des disparus. Une photo ici n’est pas seulement une photo : elle donne vie à une histoire. »

 

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