Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND

 

Thierry GROSSEMY

La Bouygue, 46110, BETAILLE

 

8 Décembre 2018

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Je suis élu d’une petite commune du lot, pas un maire mais simplement un conseiller municipal, vous savez peut-être, de ces élus qui donnent du temps et de l’énergie au service des autres.

Comme des dizaines d’élus dans notre pays, j’ai vu se dégrader la vie de ces femmes et de ces hommes qui produisent les richesses de notre pays, qui travaillent pour que notre vie soit douce.

L’an dernier un retraité de mon village est venu me voir parce qu’on lui avait coupé l’eau. Ce qui est interdit par la loi car un filet d’eau minimum doit couler. Tout cela pour une facture d’eau de quelques dizaines d’euros. Il a fallu que j’utilise une clé artisanale pour remettre l’eau.

JE SUIS HORS LA LOI ET J’EN SUIS FIER.

Ce retraité a une pension pour vivre inférieur à 1000 euros par mois.

Notre bon maire, lui qui a confié la gestion de l’eau à une entreprise privée, la SAUR, était évidemment absent, il cumule les mandats électifs, et les indemnités qui vont avec, n’avait évidemment pas le temps de s’occuper de ce retraité.

L’année d’avant, c’était l’électricité qu’on avait coupée à un autre retraité.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Ce petit fait de vie est certainement loin de vos préoccupations, mais c’est notre vie de tous les jours.

Au fil du temps qui passe nous avons vu se dégrader la vie des Françaises et des Français. Des jeunes commencent leur vie active par des années de précarité, les seniors ne peuvent prendre leur retraite, pourtant mérité, car leur pension est insuffisante pour survivre. Des travailleurs pauvres, de plus en plus nombreux, ne peuvent plus se loger, des fonctionnaires sont humiliés par les accusations de « caste privilégiée », des cheminots voient fermer leur ligne pour être remplacée par vos cars, les enseignants, ces hussards de la République, voient s’effondrer leur statut social , les agents hospitaliers qui accumulent les heures supplémentaires sans pouvoir les récupérer, et le divorce est prononcé entre nous citoyens, et les élites politiques, ces énarques qui se reproduisent entre eux, et qui organisent des élevages de petits énarques.

Ceux-là même qui nous imposent une transition écologique punitive, plutôt que de nous laisser la faire nous-même, heureuse, joyeuse, et créatrice d’emplois.

Il se trouve que chez nous dans le Lot, nous cumulons les difficultés : une misère cachée dans nos campagnes et des SDF qu’on ne voient pas, une désertification médicale, des fermetures de lignes SNCF, fermeture de classes et d’écoles, de bureaux de poste, un transfert de compétences des mairies vers les grandes communautés de communes, au profit des barons locaux et au détriment des citoyens.

Nous avons également de tristes records, l’un des départements où les salaires sont les plus bas, et l’une des plus grosses fortunes de France, la famille GERVOSON, 1.3 Millard de fortune personnelle.

Les taxes essence et gaz oïl ont été la goutte de pétrole qui a fait déborder le réservoir.

Depuis plusieurs semaines les gilets jaunes occupent les ronds-points et lèvent les barrières de péage.

J’EN SUIS !

Depuis le 1er jour les frustrations accumulées depuis des années vous explosent à la figure.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Entendez-vous les cris sourds du pays qu’on enchaine, les cris sourds des ouvriers qui meurent d’accidents du travail, les cris sourds des policiers qui se suicident, le vol noir des rapaces sur nos communes, qui les vident de leur compétence pour éliminer tout contrôle citoyen et qui organisent leur soupe.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Vous n’avez qu’une réussite mais quelle réussite !

Vous avez rassemblé le peuple de France dans sa diversité sur les barrages.

Et ce peuple s’est mit à rêver, à échanger, à réfléchir, et à construire.

L’heure n’est plus aux taxes, l’heure est à la redistribution des richesses crées, l’heure est à une augmentation massive des salaires en baissant les charges des commerçants et artisans (55%) en faisant payer les grosses entreprises (Andros 17%)

La seule chose qui ruisselle, c’est le mépris des castes dirigeantes.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Notre peuple est en train d’écrire une nouvelle page glorieuse de notre histoire, la suite des 14 juillet 1789, 10 aout, 20 et 21 septembre 1792, juillet 1830, de février 1848, mars avril, mai 1871, juin 1936, aout 1944, mai 68. Désormais, il y aura novembre, décembre 2018, voir janvier et février 2019, de ces pages d’histoire qui font rayonner la France dans le monde en réconciliant le social et la nation.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Notre peuple est un grand peuple surtout quand il se fédère et comme vous le dites si bien, c’est un peuple de gaulois réfractaire a l’ordre établi.

De la fédération de 1789 aux fédérés de 1871, le sang des nôtres a trop coulé dans notre histoire.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Dans les périodes de crise le peuple est toujours la solution.

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

Pour éviter les aventures, retournons aux urnes.

DISSOLVEZ l’Assemblée Nationale

Monsieur le Président de la République, Monsieur qu’on nomme GRAND,

L’un de nos grands philosophes, disciple de Montaigne, Monsieur de la BOETIE écrivait :

LES TYRANS NE SONT GRANDS QUE QUAND NOUS SOMMES A GENOUX

Lui était un grand homme.

Et nous, nous sommes DEBOUT !

 

 

Meilleures salutations,

Thierry GROSSEMY

Conseiller municipal insoumis de BETAILLE

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