“Après le Déluge” livre Jean Monod

Ce livre  Après le déluge et a pour sous-titre le mythe de la catastrophe salvatrice.

Ce n’est pas une exhortation à croire au meilleur du pire… Sans clins d’œil ni claquettes, c’est un simple essai d’anthropologie historique, dans la lignée de la réflexion développée par Platon (dans Les Lois) sur l’après-catastrophe comme moment idéal pour penser les sociétés humaines à leur point de (re)recommencement. Cet essai fait suite à deux autres de la même veine (Du pillage au don, critique de l’idée de civilisation, co-écrit avec Diane Baratier, et Ouranos ou les 3 fonctions de la religion dans l’État), où je tente, depuis 2012, de raconter « l’histoire qui commence à Sumer » autrement.

Non moins que les précédents, Après le déluge a un certain goût d’uchronie (qui est au temps ce que l’utopie est à l’espace)… un parfum de “ce qui aurait pu être”… N’en faut-il pas pour tempérer l’inquiétude que peut susciter en nous la catastrophe annoncée de toute part comme la fatalité des temps nouveaux ? L’ère du progrès s’achève dans les déjections de l’activité industrielle qui font de chacun de nous des agents d’un bouleversement planétaire. Quand le « reste » devient « intraitable », il peut se changer en détonateur. Telle est la situation qui paraît aujourd’hui se profiler avec le réchauffement climatique, dont une des conséquences les plus plausibles, dans un avenir proche, à part de nouveaux séismes et des désastres en chaîne, est une élévation du niveau des océans qui rétrécira les contours de tous les continents. Plus qu’une catastrophe : un cataclysme, on annonce même une apocalypse…

Après le déluge remonte l’histoire de ce cataclysme aussi « inéluctable » que, dans son extrémisme apocalyptique, hypothétique, à ses mythes fondateurs, sumérien, babylonien, hébreux et grec, avec un développement sur l’Apocalypse de l’apôtre Jean et une annexe sur les mythes chinois, indiens et amérindiens

L’éclairage que les mythes de l’antiquité portent sur le scénario qui est en train de se réaliser est saisissant.  D’abord parce qu’ils sont contemporains des premiers États, ce qui constitue un repère historique remarquable. Ensuite parce que l’écart entre les parties prenantes du Déluge (re)fondateur est un écart entre les dieux et les hommes (on dirait aujourd’hui les dirigeants et les masses), dans une inégalité posée en principe, sur laquelle aucune doctrine démocratique ne permet encore de se faire d’illusion.

Enfin parce que, dans ces mythes, la circularité du phénomène, qui risque de déboucher sur une conflagration, n’est pas due – comme aujourd’hui – au fait que la nature est affectée par le comportement des hommes et réagit en conséquence : ce sont les dieux qui répondent à leur prolifération excessive et turbulente, et les catastrophes sont des armes de destruction massive dont ils se servent pour réduire leur troupeau humain et remettre les survivants dans le droit chemin.

Les catastrophes comme technique de gouvernement des hommes : telle pourrait être la leçon à tirer de ces anciens mythes…  D’où la question : quelle est la part du mythe dans le catastrophisme contemporain?

Quelle que soit la pertinence de la réponse que je risque dans mon livre, les éditions ABC, qui ont le courage de le publier, ont opté pour le « crowd funding » pour activer sa fabrication. Je vous joins le lien au cas où il vous plairait de participer à cette « mise en (m)arche » – en attendant la sortie projetée dans le clair-obscur de la prochaine éclipse de soleil, le 27 juillet 2018, à Gourdon. 

https://www.helloasso.com/associations/abc-edtiions-ah-bienvenus-clandestins/collectes/-apres-le-deluge-le-mythe-de-la-catastrophe-salvatrice

Ce lien vous fera accéder à la page d’accueil d’helloasso. Les informations qu’il vous sera demandé de remplir pour accéder au projet sont